L’ART EN EXIL


Artiste en exil et héros national au Vietnam.

Hàm Nghi, empereur d’Annam en 1884, fut prisonnier politique à Alger à partir de 1889 lors de la colonisation de l’Indochine par la France. Exilé, déchu de son titre d’empereur, l’homme réinventa son propre espace de liberté à travers la création artistique.

Formé aux beaux-arts par des peintres et sculpteurs français, Hàm Nghi est le premier artiste vietnamien moderne. Appelé le Prince d’Annam, il séjourna régulièrement en métropole et côtoya les milieux intellectuels et artistiques de son temps. Son oeuvre fut influencée par l’impressionnisme, le postimpressionnisme, Auguste Rodin dont il fut l’élève.

Dès 1893, il vint en cure thermale à Vichy tous les deux ans ; la villa Le Prince d’Annam porte son nom.
Aujourd’hui, Hàm Nghi est toujours célébré au Vietnam, il incarne la résistance anticoloniale contre la France de la fin du 19ème siècle.

A travers ses peintures, ses sculptures, l’exposition retrace le parcours singulier d’un artiste. Objets personnels, correspondance témoignent d’un univers intime mais toujours traversé par le contexte historique, celui de la France coloniale des 19ème et 20ème siécles.

L’exposition s’appuie sur les travaux d’Amandine Dabat, commissaire de l’exposition, auteure d’une thèse de doctorat soutenue en 2015 et publiée en 2019, portant sur la vie et la production artistique de Hàm Nghi dont elle est l’arrière-arrière-petite-fille.

D’une histoire individuelle à des trajectoires collectives.

Certains traits de l’histoire de Hàm Nghi sont communs à toutes les migrations : l’angoisse et le traumatisme de quitter son pays ; l’obligation de se reconstruire dans un nouvel environnement.
Les accords de Genève (21 juillet 1954) mettent fin à la guerre d’Indochine et consacrent l’indépendance du Vietnam, du Laos et du Cambodge. Cela entraîne des flux de migrations vers la métropole.

A Noyant-d’Allier, Histoire et parcours personnels se mêlent : photos, objets, racontent l’arrivée après 1954 de familles vietnamiennes dans ce village du Bourbonnais. Le CARI de Noyant-d’Allier (centre d’accueil des rapatriés d’Indochine) est alors le plus important de France, il héberge environ 5 000 personnes sur le site d’anciens corons désaffectés. Un accueil temporaire qui deviendra définitif pour certaines familles.
La diaspora vietnamienne en France compte aujourd’hui environ 300 000 personnes.