ROUTES

ROUTES
Tibet – Gandhāra – Amazonie
Le 21e siècle sera le siècle des migrations, un milliard de personnes se déplaceront pour des raisons de survie politique, climatique ou économique.
L’histoire reprend la route. Ce sont des routes anciennes, autrefois commerciales, spirituelles, voies de circulation des idées et du savoir.
Sur les routes du Tibet, du Gandhāra et de l’Amazonie, L’exposition présente des parcours humains et des manières d’habiter le monde, de lutter contre l’effacement. Aujourd’hui, comment rester tibétain, afghane, wayana ? 
Le musée fait circuler ces voix, mieux vaut être carrefour que citadelle.

Tibet. Les routes de la médecine
Les origines
Au 7e siècle, l’empire tibétain, Böd, est en contact avec l’Inde, la Chine, l’Asie centrale, le monde iranien. Les lettrés élaborent une écriture et traduisent de nombreux textes médicaux. Ces connaissances extérieures intègrent les savoirs locaux, créant la médecine savante. Le Quadruple Tantra, Gyüshi, devient son texte de référence au 13e siècle.
L’art de l’équilibre
Bouddhisme et médecine ont suivi ensemble les routes de l’Himalaya.
Être en bonne santé, c’est maintenir l’harmonie entre le corps et l’esprit. L’enseignement du Bouddha invite à un comportement
juste et à des émotions apaisées. Car la colère, le désir et l’illusion affaiblissent le corps. 

L’art du Gandhāra, au carrefour des routes
Le Gandhāra est une région historique entre l’Afghanistan et le Pakistan actuels.
Depuis des siècles, les civilisations circulent sur ses routes, entre l’Inde, l’Asie centrale et l’Iran. C’est un espace de contacts et d’échanges continus.
1er – 3e siècles. Le premier visage du Bouddha
Au 1
er siècle, des nomades des steppes d’Asie intérieure fondent l’empire kouchan. Il s’étend de l’Afghanistan au sud du Tadjikistan modernes jusqu’au nord de l’Inde. Les Kouchans deviennent bouddhistes au contact des communautés monastiques de la région.
L’art s’épanouit avec le Bouddhisme. Les images du Bouddha apparaissent autour de Peshawar : elles fusionnent influences hellénistiques, romaines, perses, steppiques et indiennes. L’art du Gandhāra est unique, splendide et d’une profonde humanité.
Les routes millénaires des Kuchis
Les Kuchis sont des pasteurs nomades d’origine pachtoune, population majoritaire en Afghanistan. Leurs parcours saisonniers traversent l’ancien Gandhāra.

Amazonie, les routes des fleuves
Les peuples Wayana et Apalaï, Guyane française, nord du Brésil, Surinam
Les Wayana et Apalaï vivent ensemble tout en gardant leurs spécificités culturelles et linguistiques. Les Wayana comptent 3300 personnes et les Apalaï, 550*, répartis en une quarantaine de villages toujours situés près d’un cours d’eau.
La mobilité est adaptée à la forêt tropicale, les fleuves sont des axes de vie. Certains territoires sont accessibles uniquement par pirogue, traditionnelle ou motorisée.
Par les voies d’eau, les familles circulent librement entre les frontières administratives, échangeant et se rejoignant pour les grandes fêtes rituelles et les cérémonies de transmission.